21 OCT.

2016

Allocation d'actifs , Thèmes

Les nouvelles macroéconomiques mondiales restent orientées à la hausse

États-Unis : la croissance devrait se poursuivre

En dépit d'un certain accès de volatilité des indicateurs avancés américains, les indices de l'activité économique sont désormais conformes à notre scénario de croissance économique d’un taux légèrement inférieur à 2 %. La croissance continue d'être soutenue par la consommation, les exportations devraient être stimulées et les dépenses des entreprises ne devraient plus être un frein à l'activité. Dans ce contexte, nous tablons toujours sur un relèvement des taux de la Réserve fédérale américaine (Fed) au mois de décembre. Bien entendu, les résultats des élections présidentielles dans le pays, qui constituent un important risque à court terme, pourraient impliquer un scénario tout autre.

Zone euro : la croissance résiste

Pour l'heure, rien ne prouve que les incertitudes issues du « Brexit » soient préjudiciables au redressement économique dans la région. La politique monétaire accommodante continue de soutenir les conditions de crédit, rendues plus faciles pour les entreprises et les ménages. Les sources d'incertitudes de nature politique sont néanmoins nombreuses :

  • les gouvernements doivent soumettre à la Commission européenne leurs programmes de stabilité et de convergence avant le 15 octobre. Certains États pourraient prendre le risque de ne pas être conformes ou de ne l'être que partiellement ;
  • l'Espagne ne dispose toujours pas de gouvernement ;
  • le référendum constitutionnel en Italie du 4 décembre ;
  • les élections aux Pays-Bas, en France et en Allemagne de 2017.

Dans l'ensemble, nous pensons que la croissance du PIB devrait atteindre environ 1,5 % en 2016 et 2017. Les doutes entourant le « Brexit » pourraient cependant refaire surface dès le début des négociations et la route menant à de nouveaux accords est semée d'embûches politiques. Les incertitudes concernant la politique économique se sont récemment apaisées, mais restent néanmoins historiquement élevées.

Marchés émergents : vers la bonne direction

La reprise économique des marchés émergents poursuit son chemin. Les indices PMI manufacturiers sont désormais en hausse dans presque toutes les régions émergentes. Au Brésil, même s'il reste solidement ancré sous les 50 (le niveau à partir duquel on parle de croissance et non plus de contraction), l'indice s'est nettement amélioré. En Russie, il est passé au-dessus du seuil de 50. Les anticipations de croissance sont aujourd'hui de nouveau positives dans ces deux marchés émergents dépendants des matières premières. Par conséquent, les prévisions du consensus ont été revues à la hausse.

Les politiques d'expansion des banques centrales restent inchangées

Pendant que l'économie mondiale continue de croître à un rythme modéré, les bilans des principales banques centrales continuent d’apporter du soutien, tandis que leurs politiques d'expansion restent inchangées :

  • La Fed adopte actuellement une approche neutre, qui est justifiée au vu des derniers chiffres économiques. Les données économiques pourraient néanmoins dégager la voieà un relèvement des taux d’ici la fin de l'année.
  • La Banque d'Angleterre conserve son approche extrêmement accommodante. Elle tient toutefois compte des risques inflationnistes et envisage une relance budgétaire.
  • La Banque du Japon innove en ciblant la courbe de taux, tandis que l’on s’attend à ce que la BCE clarifie ses intentions.

Risque extrême n°1 : Elections présidentielle américaines

Le dernier sondage des gérants de Merrill Lynch révèle que l’élection présidentielle américaine constitue la principale source d'incertitude pour les semaines à venir. Après le récent (deuxième) débat, Hillary Clinton s’est rapprochée de la victoire, mais la course n'est pas encore terminée.

  • Si la candidate devait être élue présidente, une probable scission du Congrès empêcherait tout changement profond, ce qui s'inscrirait dans la continuité de la politique de Barack Obama. Dans cette éventualité, nous tablons sur les éléments suivants :
    • Scénario de base économique inchangé dans  l’ensemble ;
    • Hausse (modérée) des cours du pétrole et approche modérée également de la part de la Fed ;
    • Hausse progressive des rendements obligataires américains en raison de l'assouplissement budgétaire ;
    • Hausse du peso mexicain (MXN) ;
    • Hausse durable des actions des marchés émergents.
  • Néanmoins, dans le cas d'une victoire du candidat Donald Trump, nous identifions les risques suivants :
    • Sentiment d'aversion pour le risque à court terme : incertitudes à moyen terme en raison de la personnalité imprévisible du candidat ;
    • Relèvement des taux de la Fed et hausse des rendements obligataires américains car le déficit budgétaire devrait se creuser ;
    • Chute du MXN et de l'AUD ;
    • Chute des cours pétroliers ;
    • Chute des actions des marchés émergents ;

En outre, les investisseurs se disent également « inquiets » face à une sortie « brutale » du Royaume-Uni de l'UE, pénalisant potentiellement leur confiance à l'égard du pays et de la zone euro, ainsi que face aux prochains événements politiques dans la zone euro dans les mois à venir (référendum constitutionnel en Italie, élections générales aux Pays-Bas, élections législatives en France, etc.).

Multi-actifs : légère surpondération des actions

Les nouvelles macroéconomiques sont orientées à la hausse et les banques centrales ont maintenu leur ton conciliant, injectant d'importantes liquidités sur les marchés. Néanmoins, divers événements politiques (Brexit, élections présidentielles américaines, référendum constitutionnel en Italie, de probables nouvelles élections en Espagne) ont renforcé les incertitudes pour ces prochains mois, nous incitant à surpondérer légèrement les actions face aux obligations.

STRATEGIE ACTIONS RÉGIONALES

Neutres sur les actions américaines

La croissance économique reste bien orientée aux États-Unis et la croissance des bénéfices devrait s'améliorer ces prochains mois et devenir positive en glissement annuel. Nous arrivons au terme de la récession des bénéfices et les révisions sont désormais positives. Nous pensons néanmoins que les anticipations de croissance pour le quatrième trimestre 2016 et l'année 2017 dans son ensemble sont trop optimistes. Combinée à une valorisation relative moins intéressante, une approche neutre est selon nous justifiée dans le contexte de marché actuel.

Neutres sur les actions de la zone euro et négatifs sur le Royaume-Uni

Nous sommes moins optimistes vis-à-vis de l'éventuelle réévaluation de la notation des actions de la zone euro depuis l'épisode du Brexit. En tenant davantage compte des risques baissiers, nous ne tablons pas sur une baisse significative de la prime de risque à court terme, et par conséquent sur une réévaluation majeure de la notation du marché. En dépit d'une croissance économique positive, la croissance des bénéfices attendue pour les douze prochains mois nous semble trop élevée et devrait faire l'objet d'une révision à la baisse.

Parallèlement, nous restons négatifs vis-à-vis des actions britanniques : 

  • La performance du marché repose principalement sur l'éventuelle dépréciation de la livre sterling (GBP).
  • La valorisation relative n'est plus tellement intéressante étant donné la chute des bénéfices ces dernières années.
  • La croissance des bénéfices devrait bénéficier de la dépréciation de la livre sterling et de la stabilisation des cours des matières premières. Par conséquent, les révisions des bénéfices sont désormais clairement positives et reflètent un effet de change positif.
  • L’implémentation du Brexit demeure un risque important.

Conviction la plus forte : marchés émergents

Les marchés émergents sont actuellement notre meilleure conviction pour les 5 raisons suivantes :

  1. La valorisation relative reste très attrayante par rapport aux autres marchés
  2. La croissance économique se stabilise
  3. Les craintes d'une appréciation du dollar s'estompent et les prix des matières premières rebondissent
  4. Les rendements attendus sont au plus haut : les marchés émergents affichent des performances attendues à moyen terme très intéressantes grâce à la hausse de leur croissance anticipée.
  5. L'environnement technique est intéressant 


STRATÉGIE OBLIGATAIRE

Vaste diversification du segment obligataire ne tenant pas compte des obligations à faibles rendements

  • Si nous surpondérons toujours les obligations à haut rendement, nous avons légèrement réduit notre exposition au segment obligataire. Les spreads ont atteint notre premier objectif et les taux de défaut se sont récemment accentués, en particulier aux États-Unis.
  • Nous favorisons la dette émergente libellée en devise locale et en devise forte. Les spreads de la dette émergente disposent encore d'une marge de resserrement et offrent toujours un potentiel de hausse du rendement face aux bons du Trésor américain.
  • Nous sommes en surpondération à l'égard des obligations indexées sur l'inflation. L'inflation officielle devrait se renforcer lors du passage à la nouvelle année. Les effets de base du cours du pétrole en sont le principal moteur. L'inflation officielle américaine de l'IPC devrait s'établir au-delà des 2 % au mois de décembre pour la première fois depuis l'été 2014, et devrait atteindre presque 3 % au premier trimestre 2017. L'IPC dans la zone euro se dirige quant à lui vers les 1 % l'année prochaine, un niveau inégalé depuis fin 2013.
  • Nous sommes en surpondération à l'égard de la NOK. Après des années de négociations, les pays membres de l'OPEP ont fini par s'entendre sur un accord. S'il est exécuté, cet accord pourrait se traduire par un équilibre de l'offre et de la demande mondiales d'ici la fin du premier semestre 2017. Il devrait en outre se révéler favorable aux prix pétroliers en limitant la tentation de vendre. Fortement corrélé aux cours du pétrole, la NOK (couronne norvégienne) est bien plus attrayante que le CHF (franc suisse).

STRATEGIE MATIERES PREMIERES

Pétrole

Après des années de négociations, les pays membres de l'OPEP ont fini par s'entendre sur un accord. Ce dernier, qui devra être ratifié le 30 novembre prochain, est d’ores et déjà un premier pas vers des cours pétroliers plus favorables. L'accord consiste à diminuer la production de pétrole des pays de l'OPEP à 32,5 ou 33 millions de barils par jour (mb/j), le volume actuel étant de l'ordre de 33,3 mb/j.

Cet accord pourrait se traduire par un équilibre de l'offre et de la demande mondiales d'ici la fin du premier semestre 2017. Selon les dernières estimations de l'EIA (l'administration américaine sur les informations énergétiques), la production américaine ayant cessé de chuter et étant supposée rester stable, un gel des pays de l'OPEP pourrait permettre à la demande de rattraper plus rapidement l'offre mondiale.

Cette entente devrait se révéler favorable aux cours pétroliers car elle pourrait limiter la tentation de vendre et, par conséquent stabiliser le prix du baril à plus de 50 dollars, alors qu'il oscillait entre 40 et 50 dollars ces derniers mois.

Néanmoins, des risques subsistent quant à l'exécution de cet accord. L'accord officiel devra être ratifié au cours de la réunion du 30 novembre.