21 OCT.
2016
États-Unis : la croissance devrait se poursuivre
En dépit d'un certain accès de volatilité des indicateurs avancés américains, les indices de l'activité économique sont désormais conformes à notre scénario de croissance économique d’un taux légèrement inférieur à 2 %. La croissance continue d'être soutenue par la consommation, les exportations devraient être stimulées et les dépenses des entreprises ne devraient plus être un frein à l'activité. Dans ce contexte, nous tablons toujours sur un relèvement des taux de la Réserve fédérale américaine (Fed) au mois de décembre. Bien entendu, les résultats des élections présidentielles dans le pays, qui constituent un important risque à court terme, pourraient impliquer un scénario tout autre.
Zone euro : la croissance résiste
Pour l'heure, rien ne prouve que les incertitudes issues du « Brexit » soient préjudiciables au redressement économique dans la région. La politique monétaire accommodante continue de soutenir les conditions de crédit, rendues plus faciles pour les entreprises et les ménages. Les sources d'incertitudes de nature politique sont néanmoins nombreuses :
Dans l'ensemble, nous pensons que la croissance du PIB devrait atteindre environ 1,5 % en 2016 et 2017. Les doutes entourant le « Brexit » pourraient cependant refaire surface dès le début des négociations et la route menant à de nouveaux accords est semée d'embûches politiques. Les incertitudes concernant la politique économique se sont récemment apaisées, mais restent néanmoins historiquement élevées.
Marchés émergents : vers la bonne direction
La reprise économique des marchés émergents poursuit son chemin. Les indices PMI manufacturiers sont désormais en hausse dans presque toutes les régions émergentes. Au Brésil, même s'il reste solidement ancré sous les 50 (le niveau à partir duquel on parle de croissance et non plus de contraction), l'indice s'est nettement amélioré. En Russie, il est passé au-dessus du seuil de 50. Les anticipations de croissance sont aujourd'hui de nouveau positives dans ces deux marchés émergents dépendants des matières premières. Par conséquent, les prévisions du consensus ont été revues à la hausse.Les politiques d'expansion des banques centrales restent inchangées
Pendant que l'économie mondiale continue de croître à un rythme modéré, les bilans des principales banques centrales continuent d’apporter du soutien, tandis que leurs politiques d'expansion restent inchangées :
Risque extrême n°1 : Elections présidentielle américaines
Le dernier sondage des gérants de Merrill Lynch révèle que l’élection présidentielle américaine constitue la principale source d'incertitude pour les semaines à venir. Après le récent (deuxième) débat, Hillary Clinton s’est rapprochée de la victoire, mais la course n'est pas encore terminée.
En outre, les investisseurs se disent également « inquiets » face à une sortie « brutale » du Royaume-Uni de l'UE, pénalisant potentiellement leur confiance à l'égard du pays et de la zone euro, ainsi que face aux prochains événements politiques dans la zone euro dans les mois à venir (référendum constitutionnel en Italie, élections générales aux Pays-Bas, élections législatives en France, etc.).
Multi-actifs : légère surpondération des actions
Les nouvelles macroéconomiques sont orientées à la hausse et les banques centrales ont maintenu leur ton conciliant, injectant d'importantes liquidités sur les marchés. Néanmoins, divers événements politiques (Brexit, élections présidentielles américaines, référendum constitutionnel en Italie, de probables nouvelles élections en Espagne) ont renforcé les incertitudes pour ces prochains mois, nous incitant à surpondérer légèrement les actions face aux obligations.Neutres sur les actions américaines
La croissance économique reste bien orientée aux États-Unis et la croissance des bénéfices devrait s'améliorer ces prochains mois et devenir positive en glissement annuel. Nous arrivons au terme de la récession des bénéfices et les révisions sont désormais positives. Nous pensons néanmoins que les anticipations de croissance pour le quatrième trimestre 2016 et l'année 2017 dans son ensemble sont trop optimistes. Combinée à une valorisation relative moins intéressante, une approche neutre est selon nous justifiée dans le contexte de marché actuel.
Neutres sur les actions de la zone euro et négatifs sur le Royaume-Uni
Nous sommes moins optimistes vis-à-vis de l'éventuelle réévaluation de la notation des actions de la zone euro depuis l'épisode du Brexit. En tenant davantage compte des risques baissiers, nous ne tablons pas sur une baisse significative de la prime de risque à court terme, et par conséquent sur une réévaluation majeure de la notation du marché. En dépit d'une croissance économique positive, la croissance des bénéfices attendue pour les douze prochains mois nous semble trop élevée et devrait faire l'objet d'une révision à la baisse.
Parallèlement, nous restons négatifs vis-à-vis des actions britanniques :
Conviction la plus forte : marchés émergents
Les marchés émergents sont actuellement notre meilleure conviction pour les 5 raisons suivantes :

Vaste diversification du segment obligataire ne tenant pas compte des obligations à faibles rendements

Pétrole
Après des années de négociations, les pays membres de l'OPEP ont fini par s'entendre sur un accord. Ce dernier, qui devra être ratifié le 30 novembre prochain, est d’ores et déjà un premier pas vers des cours pétroliers plus favorables. L'accord consiste à diminuer la production de pétrole des pays de l'OPEP à 32,5 ou 33 millions de barils par jour (mb/j), le volume actuel étant de l'ordre de 33,3 mb/j.
Cet accord pourrait se traduire par un équilibre de l'offre et de la demande mondiales d'ici la fin du premier semestre 2017. Selon les dernières estimations de l'EIA (l'administration américaine sur les informations énergétiques), la production américaine ayant cessé de chuter et étant supposée rester stable, un gel des pays de l'OPEP pourrait permettre à la demande de rattraper plus rapidement l'offre mondiale.
Cette entente devrait se révéler favorable aux cours pétroliers car elle pourrait limiter la tentation de vendre et, par conséquent stabiliser le prix du baril à plus de 50 dollars, alors qu'il oscillait entre 40 et 50 dollars ces derniers mois.
Néanmoins, des risques subsistent quant à l'exécution de cet accord. L'accord officiel devra être ratifié au cours de la réunion du 30 novembre.
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