26 JUIN

2018

Asset Allocation , Asset Class

Les actions mondiales sont soutenues par une solide croissance des résultats, en particulier aux États-Unis

SYNTHÈSE

  • Bien que la croissance ne soit pas aussi synchrone que l’année dernière, elle s’auto-entretient et ne se laisse guère perturber.
  • La Fed durcit progressivement le ton et la BCE devrait probablement mettre un terme à son programme d’achat d’actifs à la fin de l’année.
  • Nous sommes à présent plus optimistes envers les actions américaines et émergentes mais plus réservés quant à la zone euro (prime de risque politique) et au Japon, plus particulièrement (incertitudes politiques entourant le premier ministre Shinzo Abe).


PRINCIPALES CONVICTIONS

  • Actions américaines : le marché devrait profiter de la solidité du cycle économique et les valorisations sont moins tendues.
  • Les actions émergentes devraient surperformer car le dollar américain se stabilise et les fondamentaux restent solides.
  • La technologie devrait maintenir son leadership sectoriel.
  • Tant dans la zone euro qu’aux États-Unis, les petites et moyennes capitalisations devraient bénéficier de l’environnement économique.
  • Nous sommes sous-pondérés en termes de duration et négatifs envers l’Italie.


STRATÉGIE MULTI-ACTIFS MONDIALE

Scénario économique

La croissance de la zone euro s’est montrée plus faible au premier trimestre mais rien ne justifierait un statu quo absolu. Les commandes à l’exportation restent bien orientées, les conditions d’emprunt sont toujours favorables et les investissements des entreprises ne cessent de s’améliorer. Le prix du pétrole se stabilisant à environ 75 USD, le PIB devrait progresser de 2,3 % en 2018, ce qui est légèrement inférieur aux chiffres de 2017. Dans ce contexte, la BCE va vraisemblablement mettre un terme à ses achats d’obligations à la fin de l’année, tout en maintenant néanmoins un positionnement très accommodant, en particulier si les perspectives italiennes demeurent incertaines.

Aux États-Unis, la croissance reste solide malgré un léger tassement en début d’année. Les investissements des entreprises ont clairement opéré un virage positif, tandis que la consommation (qui est toujours le principal moteur de l’économie) est soutenue par le dynamisme des créations d’emplois. Le rebond des ventes au détail observé en avril a souligné le caractère transitoire des faibles performances du premier trimestre. La réforme fiscale devrait avoir un impact limité mais les augmentations des dépenses adoptées pour le budget 2018 devraient avoir une incidence plus large sur la croissance. Pour peu que les incertitudes géopolitiques et les tensions commerciales n’affectent pas le sentiment, la croissance américaine devrait ressortir à près de 3 % en 2018. Afin de se prémunir contre tout risque de « panique inflationniste », la Fed va poursuivre sur la voie de la normalisation monétaire avec trois nouveaux relèvements des taux cette année.

Cycle de croissance et liquidités

Le cycle économique se fait plus mature et l’expansion devient donc moins synchrone. Dans la zone euro, les mauvaises surprises semblent néanmoins dépassées.

Le resserrement monétaire est progressif et a débuté aux États-Unis. La Fed, qui a de nouveau relevé ses taux d’intérêt en juin pour atteindre une fourchette de 1,75 à 2 %, va poursuivre le durcissement tout au long de l’année. Les conditions financières demeurent néanmoins favorables. Par ailleurs, l’inflation se rapproche pas à pas de l’objectif de 2 % fixé par la Fed et la tolérance de cette dernière en cas de dépassement dudit objectif va vraisemblablement être testée au cours des prochains mois.

Ailleurs, la Banque centrale européenne a annoncé la poursuite du retrait progressif des assouplissements quantitatifs, avec une réduction des achats mensuels d’actifs à 15 milliards d’euros à compter d’octobre (contre 30 milliards d’euros actuellement). La banque centrale aura cessé son programme d’achat d’actifs pour la fin de l’année mais ne relèvera pas les taux d’intérêt avant le second semestre 2019.

Résultats et valorisations

Les résultats restent clairement convaincants pour les investisseurs actions après une saison de publications solide aux États-Unis et décente en Europe (respectivement 24 % et 10 % de croissance en glissement annuel) pour le premier trimestre de l’année. Les résultats américains vont selon nous maintenir une croissance à deux chiffres, tandis que les résultats européens devraient progresser d’environ 10 % et s’aligner sur la croissance économique. Les valorisations semblent par ailleurs relativement attractives et les performances prévisionnelles penchent clairement en faveur des actions plutôt que des obligations.

Sentiment

Les investisseurs sont maintenant sortis de leur réserve et s’inquiètent principalement d’une potentielle guerre commerciale et des divergences entre politiques monétaires. Environ 40 % des investisseurs interrogés dans le cadre de l’enquête BofAML auprès des gestionnaires de fonds tablent sur un pic des marchés actions en 2019 ou au-delà.

Conclusion

Notre scénario global favorise toujours les actions. L’expansion mondiale s’auto-entretient et ne se laisse guère perturber, tandis que les actions mondiales sont soutenues par une solide croissance des résultats, en particulier aux États-Unis. Les valorisations sont moins tendues qu’en début d’année. Le principal risque pour notre scénario est le basculement actuel des marchés entre deux « forces opposées » : la crainte de l’inflation et la crainte de la récession. Le pic de l’élan macroéconomique, l’intensification du protectionnisme, la résurgence de risques politiques dans l’UE et l’évolution du prix du pétrole demeurent également des points d’attention importants.