26 MARS

2018

Asset Allocation , Asset Class

La prime de risque semblant moins attrayante à court terme, nous avons réduit tactiquement notre exposition aux actions

Synthèse

  • Malgré une vue globale positive sur les actions, nous avons réduit tactiquement notre exposition aux actions car la prime de risque semble moins attrayante à court terme.
  • D’un point de vue régional, nous avons apporté quelques changements, en nous montrant provisoirement plus prudents envers la zone euro. Le Japon et les marchés émergents restent nos principales convictions.
  • Obligations : nous maintenons notre biais positif envers la dette émergente.



Principales convictions

Visibilité

  • Légère perte de visibilité sur la croissance au-delà du second semestre 2018 en dehors des États-Unis.
  • Bien que l’inflation demeure maîtrisée, l’incertitude quant à l’inflation aux États-Unis augmente.
  • Dans l’ensemble, le contexte idéal actuel est remis en cause.
  • A brève échéance, le ratio risque-rendement nous semble moins favorable.

 

Valorisations

  • Les valorisations sont moins tendues après la correction récente.
  • Le crédit est cher, même s’il continue de refléter des fondamentaux solides.

 

Volatilité

  • Le pic de volatilité dans la plupart des classes d’actifs, en particulier les actions, est un nouveau facteur d’incertitude.
  • La dynamique des taux obligataires et l’évolution du cours du pétrole font l’objet d’une attention accrue.
  • Un choc au niveau de la croissance et la crainte d’une récession dans une seule région clé ou une accélération inattendue de l’inflation suffiraient à instaurer un régime de volatilité durablement plus élevée.


Stratégie cross assests: positionnement géographique du portefeuille

Aperçu général : Actions vs obligations

En dépit d’un contexte économique robuste depuis le début de l’année, la dynamique, mesurée en termes de surprises économiques, a quelque peu perdu de sa vigueur en dehors des États-Unis, car l’expansion arrive à maturité. Mais les fondamentaux demeurent vigoureux.

Le marché semble surestimer les pressions inflationnistes. Malgré un retour progressif aux États-Unis, l’inflation reste modérée dans l’ensemble des régions, avec des taux réels incroyablement bas. Entretemps, les marchés convergent vers un resserrement monétaire graduel enclenché par la Réserve fédérale.

Les événements géopolitiques retiennent néanmoins l’attention des investisseurs. Aux États-Unis, le conseiller économique du président, Gary Cohn, a démissionné alors que la politique de Donald Trump suscite de nouvelles craintes de guerre commerciale. En Europe, les élections en Italie ont confirmé la montée du populisme. Les investisseurs manifestent des signes d’inquiétude, leurs principales préoccupations portant sur l’inflation et un éventuel effondrement du marché obligataire, selon l’enquête BofA-ML Fund Managers. Tenant compte de ces éléments, nous avons adopté une position à court terme plus prudente à l’égard des actions.

Au niveau obligataire, les rendements attendus restent légèrement négatifs, sauf pour la dette émergente et le high-yield, où les prévisions de taux souverains ne sont pas trop éloignées des niveaux actuels ; les spreads ont déjà atteint notre objectif.

Dans ce contexte, nos analyses fondamentales, techniques et quantitatives nous amènent à privilégier les actions au détriment des obligations.

Stratégie régionale actions

Tactiquement plus prudent sur les actions de la zone euro

Les indicateurs économiques ainsi que les analyses techniques et quantitatives semblent converger pour rendre les actions de la zone euro moins attrayantes que les actions américaines et émergentes. L’appréciation de l’euro a impacté les bénéfices des entreprises européennes, abaissant les rendements escomptés pour cette région. Parallèlement, les actions japonaises sont victimes de l’appréciation du yen. Aux États-Unis, les rendements attendus ont augmenté, grâce aux bénéfices confortables issus de la croissance soutenue par la réforme fiscale de Donald Trump. Mais cela a déjà été largement pris en compte par les marchés.

Neutre sur les actions américaines : l’assouplissement fiscal de Trump est déjà intégré dans les perspectives de croissance des bénéfices.

Nous avons ramené à neutre notre position sur les actions de la zone euro : en dépit de fondamentaux robustes, le marché a besoin de nouveaux stimulants pour accélérer la dynamique. Alors que l’appréciation de l’euro impacte les bénéfices des entreprises européennes, nous avons revu nos prévisions à la baisse, à +8%.

Actions japonaises : la visibilité sur les mesures politiques accommodantes et une expansion supérieure au potentiel constituent de bonnes nouvelles, mais le marché souffre de l’appréciation du yen.

Les actions émergentes demeurent une classe d’actifs résiliente, avec un rendement attendu attrayant.

Nous maintenons une vue négative sur les actions européennes hors zone euro. La croissance des bénéfices ne profitera plus de la dépréciation de la livre sterling car l’effet en glissement annuel s’estompe. Les fondamentaux domestiques s’affaiblissent et les risques de baisse sont toujours présents.


Stratégie obligataire

Négatif sur les obligations souveraines, mais positif sur le high yield et la dette émergente

Compte tenu de la politique de resserrement de la Fed et de pressions inflationnistes qui iront probablement en s’accroissant, nous supposons que les taux et les rendements obligataires poursuivront leur tendance ascendante. Nous continuons donc à nous diversifier au delà des obligations souveraines à faible rendement. Notre principale conviction porte sur la dette émergente, car l’assouplissement monétaire toujours en cours soutient largement cette classe d’actifs. La dette émergente bénéficie aussi d’une forte croissance économique globale et de la hausse des prix des matières premières. Entretemps, les fondamentaux restent solides, avec une dette publique modérée, un compte courant en amélioration et un portage toujours intéressant.