28 SEPT.

2017

Allocation d'actifs , Stratégies d'investissement mensuelles , Thèmes

La dynamique de croissance mondiale est en cours

Résumé

 

  • La poursuite de la faiblesse du dollar soutient les marchés émergents et américains mais pénalise les actifs japonais et européens.
  • Les incertitudes (géo)politiques occupent le devant de la scène à des degrés divers : Corée du Nord, fiscalité américaine, élections allemandes, congrès du Parti communiste chinois.
  • Croissance à venir : seconde étape dans la relance mondiale après la reprise de 2016.
  • Les banques centrales demeurent au centre des intérêts.

 




PRINCIPALES CONVICTIONS

La dynamique de croissance mondiale est en cours.

 

  • Les perspectives de croissance économique mondiale semblent solidement ancrées au-dessus de 3 % pour l’année en cours et pour l’année prochaine, tandis que les pressions inflationnistes restent limitées. Les données les plus récentes confirment que la zone euro et le Japon ont une croissance au-delà de leur potentiel, malgré le raffermissement de leur monnaie. Dans le même temps, les nouvelles économiques s’améliorent progressivement aux États-Unis, alors que les marchés émergents continuent à bénéficier d’une stabilisation des cours des matières premières, de l’affaiblissement du dollar et des politiques accommodantes des banques centrales.

Le risque politique est passé de l’Europe aux États-Unis.

 

  • Le risque italien, sur un horizon à moyen terme, est clairement identifiable et semble maîtrisable, tandis que les élections allemandes ne devraient pas altérer significativement les perspectives du continent. Aux États-Unis, il subsiste un risque non négligeable de retard dans la mise en place de mesures favorables à la croissance au niveau législatif, alors que les problématiques liées au plafond de la dette et au financement public reviendront à l’ordre du jour d’ici la mi-décembre. L’incertitude entourant la politique monétaire, en raison du remaniement à venir du Conseil des gouverneurs de la Fed, renforce les incertitudes relatives à la politique budgétaire.

Les politiques conciliantes des banques centrales vont progressivement s’estomper.

 

  • La Réserve fédérale s’est clairement concentrée sur la gestion/réduction de son bilan plutôt que sur les taux d’intérêt. Parallèlement, la BCE devrait procéder, dans un avenir proche, à des annonces concernant le retrait de son assouplissement monétaire, en phase avec la vigueur économique de la région. La BCE continuera cependant à tenir compte de la remontée récente de l’euro, et il ne serait pas surprenant de voir les enquêtes conduites auprès des investisseurs indiquer que le « risque extrême » pourrait provenir, selon eux, d’une erreur de politique monétaire.

 

STRATEGIE CROSS ASSETS: POSITIONNEMENT TACTIQUE ET GEOGRAPHIQUE DU PORTEFEUILLE

APERCU GENERAL : ACTIONS VS. OBLIGATIONS

Si la Réserve fédérale a franchi une étape supplémentaire dans son plan visant à durcir progressivement sa politique monétaire en réduisant la taille de son bilan, la prochaine étape semble plus controversée. Les marchés prévoient désormais un relèvement et demi des taux d’intérêt d’ici la fin 2018. Ceci contredit les projections de la Fed, qui viserait quatre relèvements supplémentaires. A nos yeux, les investisseurs sont devenus trop confiants dans la capacité de la Fed à leur rester favorable, et ils semblent se concentrer sur la faiblesse de la dynamique inflationniste. Par conséquent, les actifs risqués ont affiché de belles performances, comme l’illustrent les pics de cours historiques enregistrés par les actions et les niveaux planchers historiques atteints par la volatilité.

A l’avenir, Candriam s’attend à ce que la Fed se concentre plus sur les conditions financières, même si l’inflation reste à un niveau bas. Quoiqu’il arrive, compte tenu des conditions financières qui, globalement, se détendent, la poursuite d’un resserrement monétaire progressif ne devrait même pas générer un niveau d’inflation plus faible. Selon nous, tout progrès qui serait réalisé en vue d’une résolution budgétaire et d’une réforme fiscale en 2018 résulterait en un dosage des politiques monétaire et budgétaire accommodant. En conclusion, nous restons globalement surpondérés sur les actions, tout en maintenant une duration courte. Plus spécifiquement, le contexte actuel pourrait s’avérer favorable aux petites capitalisations américaines, qui ont souffert, au cours du premier semestre, du contexte de faible croissance, de la dépréciation du dollar et du déclin de la crédibilité de la nouvelle administration.

 

STRATEGIE REGIONALE ACTIONS

Positifs sur les actions

    •  La vigueur des données économiques à l’échelon mondial constitue un facteur de soutien. Le raffermissement de la croissance mondiale par rapport à ces deux dernières années a déplacé les risques clés sur le terrain (géo)politique.

Du point de vue régional:

  • Nous sommes neutres à l’égard des actions américaines. Il existe un risque d’exécution dans la mise en œuvre du programme annoncé de relance budgétaire, et des mesures favorables à la croissance.
  • Nous sommes positifs à l’égard de la zone euro. Le niveau du PIB du deuxième trimestre a confirmé la robustesse et l’élargissement géographique de la croissance économique au sein de la région. Une banque centrale accommodante et une dynamique forte des résultats des entreprises soutiennent l’attractivité des actifs risqués, qui ne font plus l’objet d’une prime de risque politique importante.
  • Nous sommes négatifs à l’égard de l’Europe - hors zone euro. La détérioration des négociations sur le « Brexit », les difficultés dans la mise en œuvre de nouvelles relations commerciales (p. ex. avec le Japon) et leur impact sur l’économie, nous maintiennent à l’écart de cette région.
  • Nous sommes positifs à l’égard des marchés émergents. Ils bénéficient de valorisations attrayantes dans un contexte de croissance mondiale solide. La Chine ne devrait pas déclencher de risque systémique cette année et le FMI a relevé ses perspectives de croissance mondiale à moyen terme (de 6 % à 6,4 %, en moyenne, pour les années 2017 à 2020).
  • Nous sommes positifs à l’égard des actions japonaises. Une croissance renforcée et un dosage des politiques intérieures favorable font partie des principaux moteurs de la performance et nous sommes plus convaincus que jamais que la Banque du Japon ne rejoindra pas les autres banques centrales dans leur politique de resserrement monétaire de sitôt, une décision qui, à terme, conduirait à un affaiblissement du yen.

STRATEGIE OBLIGATAIRE

Négatifs sur les emprunts d’État, duration courte

  • En raison du resserrement de la Fed et des pressions inflationnistes à venir, les taux d’intérêt et les rendements obligataires devraient, selon nous, reprendre leur mouvement haussier depuis leurs niveaux planchers de ce mois-ci. La hausse des salaires et le programme de relance budgétaire devraient faire croître l’inflation, bien que cela prenne plus de temps que prévu à se concrétiser. De possibles mesures protectionnistes américaines (renégociation de l’ALENA, Chine) présentent un caractère imprévisible.
  • L’amélioration de l’économie européenne pourrait également pousser les rendements de la zone euro à la hausse, dans la mesure où les risques politiques reculent, et que la BCE commence à préciser la prochaine étape de son retrait cet automne.
  • Nous sommes neutres à l’égard du crédit, dans la mesure où les spreads se sont déjà considérablement resserrés, et qu’une possible hausse des rendements pourrait nuire à la performance.
  • Sur la dette émergente, l’assouplissement monétaire actuel représente un soutien important pour cette classe d’actifs.