15 MAI

2018

Allocation d'actifs , Ken Van Weyenberg , Thèmes

Hausse progressive de l’inflation aux Etats-Unis

Impact sur vos investissements

En début d’année, les marchés financiers ont été secoués par la crainte d’une hausse de l’inflation et des taux. Cette crainte de l’inflation était-elle justifiée et quel en est l’impact sur vos investissements?

De bons chiffres économiques et une croissance des salaires plus importante que prévu aux Etats-Unis ont poussé les taux américains à la hausse ces derniers mois et mis les marchés financiers sous pression. L’inflation et les taux, étroitement liés entre eux, exercent une influence non négligeable sur différents éléments de l’économie, parmi lesquels la consommation et les investissements. L’inflation fait grimper le prix des biens ce qui érode le pouvoir d’achat du consommateur, alors qu’un taux plus élevé augmente le coût du crédit et peut freiner les investissements.

 

L’inflation augmente

L’inflation peut donc  avoir des répercussions importantes, mais lesquelles exactement?  L’inflation est une hausse des niveaux de prix globaux et peut s’exprimer de différentes manières. Les indicateurs les plus avancés pour surveiller l’évolution des prix sont les prix à la production (producer price index) et les prix à la consommation (consumer price index). Je me concentrerai sur l’indice des prix à la consommation, qui rassemble un ensemble de biens et de services dont l’évolution des prix est suivie comme critère de mesure de l’inflation. Un panier de biens et de services comprend notamment l’alimentation, des biens de consommation, les loyers et l’énergie.

Depuis quelque temps, ce panier de biens  a tendance à devenir plus cher. Les derniers chiffres font état d’une augmentation des prix d’un peu moins de 2,5 % sur les douze derniers mois. La hausse des prix des matières premières, du pétrole notamment, y contribue certainement. Sans l’alimentation et l’énergie (deux composants qui peuvent fortement fluctuer et, par conséquent, donner une idée erronée de la tendance inflationniste), l’inflation s’établit à 2,1 %.

En zone euro, l’inflation reste basse et inférieure à l’objectif de 2 % fixé par la Banque centrale européenne. Selon cette dernière, l’inflation sera encore plus basse que cet objectif d’ici fin 2020.

 

Impact sur vos investissements

L’inflation menace l’épargne et les investissements des investisseurs. La plupart des investisseurs cherchent au minimum à préserver leur pouvoir d’achat à long terme et visent dès lors un rendement supérieur à l’inflation. Si l’inflation est de 2% et que le placement génère un rendement de 3%, le rendement réel pour l’investisseur sera de 1%.  Dans un contexte d’inflation plus élevée, ceux qui n’investissent qu’en obligations et ne diversifient pas assez leur portefeuille risquent de connaître des rendements réels négatifs. Il est donc important de prendre en compte également le taux réel d’une obligation plutôt que son taux nominal.

L’inflation peut cependant exercer aussi une influence positive sur d’autres classes d’actifs, comme les actions et les matières premières. En général, les prix des matières premières augmentent lorsque l’inflation augmente. En ce qui concerne les actions, l’impact est différent par rapport à la hausse de l’inflation et à la période prise en compte. A court terme, les actions peuvent présenter une corrélation négative avec l’inflation. Une hausse inattendue de l’inflation peut provoquer de l’incertitude à propos du climat économique, comme ce fut le cas au début de cette année. D’une façon générale, les actions profitent cependant de l’inflation à plus long terme. Les entreprises peuvent augmenter le prix de leurs produits lorsque les coûts augmentent en raison de l’inflation. Après une période d’adaptation, des prix plus élevés peuvent signifier des bénéfices plus importants pour l’entreprise.

Plusieurs études ont montré que les actions performent bien au début du cycle de l’inflation. Une inflation saine est la conséquence de meilleures conditions économiques. Une inflation entre 1,5 % et 2,5 % est donc positive pour les valorisations des actions.

 

Protéger mon portefeuille obligataire

Aussi longtemps que l’inflation ne dérape pas (qu’elle ne devient pas négative ou exagérément élevée), l’investisseur en actions ne doit pas craindre, à court terme, la hausse de l’inflation. L’investisseur en obligations peut toutefois mieux protéger son portefeuille contre une hausse de l’inflation. Plusieurs options s’offrent à lui.

 

Via des obligations liées à l’inflation

Les obligations liées à l’inflation sont des obligations souveraines dont le rendement et la valeur nominale augmentent lorsque l’inflation augmente. Pour l’instant, le pouvoir d’achat de l’investisseur reste constant. Les obligations liées à l’inflation, surtout aux Etats-Unis, semble attrayantes et bénéficient d’un puissant cycle d’inflation, même si les chiffres récents sont un peu moins convaincants. En zone euro également, des opportunités se présentent, car les perspectives en matière d’inflation évoluent favorablement et la valorisation est intéressante.

 

Via des obligations à taux flottants

Il existe des obligations à taux flottant, également appelées ‘floating rate notes’, dont le coupon évolue en fonction du taux de court terme. Le coupon est calculé sur la base d’un taux de référence, généralement l’Euribor ou le Libor (Etats-Unis) à trois mois, majoré d’une marge. En cas de hausse du taux, la valeur de l’obligation à taux flottant reste stable en principe et le coupon augmente. Dans les conditions actuelles, il est vivement conseillé d’envisager une diversification.

 

Via une diversification en obligations avec un rendement courant attrayant

Choisir une diversification en obligations offrant un rendement courant plus élevé constitue une troisième possibilité. Ces obligations présentent cependant un risque nettement plus important. Nous sommes moins favorables aux obligations à haut rendement (high yield) de moindre qualité, car la différence de taux (spread Euro high yield par rapport aux obligations souveraines) n’a jamais été aussi basse ces dix dernières années. Nous leur préférons les obligations émergentes qui bénéficient d’une économie en pleine accélération, de risques limités en Chine et de fondamentaux en amélioration – par exemple la dette publique ou encore le déficit du compte courant. Ce type d’obligations offre en outre un rendement courant de 5 % à 6 %. Dans la classe d’actifs, nous accordons une légère préférence aux obligations émergentes émises en devise locale (celle du pays d’émission).