16 SEPT.
2016
A l'approche des élections présidentielles de novembre, l'économie montre des signes durables d'amélioration qui devraient persister jusqu'à la fin de l'année et même en 2017. Plusieurs indicateurs sont positifs : consommation des ménages, marché de l'emploi, exportations plus dynamiques et marché immobilier plus solide. Cela nous laissent à penser que l'environnement macroéconomique est entré dans un cercle vertueux.
La consommation des ménages demeure le premier moteur de performance aux États-Unis, de même que le marché de l'emploi en pleine consolidation. Les ventes au détail semblent connaître une certaine volatilité, mais la confiance des ménages affiche une tendance positive depuis son rebond fin 2011. Les chiffres de l'emploi sont inférieurs à la moyenne, avec 151 000 nouveaux emplois non agricoles en août, mais la tendance reste orientée à la hausse. En outre, la plupart de ces créations de postes sont des positions à temps plein et non des emplois précaires à temps partiel qui ne permettent pas toujours un accès aux avantages sociaux, comme par exemple la sécurité sociale, l'assurance maladie ou encore les cotisations de retraite. Les emplois à temps plein facilitent en outre les investissements résidentiels. Les ventes de nouvelles constructions sont à la hausse depuis 2010 et l'Association nationale des constructeurs d'habitations des États-Unis (National Association of Home Builders, NAHB) rapporte un indice supérieur à 50 pour le marché de l’emploi.
Le Brexit n'a pour le moment aucune répercussion sur le redressement économique de la zone euro
A l'instar des États-Unis, la zone euro semble avoir initié une reprise solide et durable en dépit de l'épisode du Brexit, qui n'a pour le moment aucune répercussion sur le redressement de l'économie. Les négociations, qui devraient durer au maximum deux ans, n'ont cependant pas encore été entamées. Les économistes tablent sur une poursuite de la croissance, grâce à la combinaison gagnante de variables économiques, notamment sur le marché de l'emploi, la consommation, les investissements résidentiels et des entreprises, ainsi que les exportations.
Le Brexit n'a donc pour le moment aucune répercussion sur le redressement économique. L'indice PMI de la zone euro s'établit à 52,9. Le PMI du Royaume-Uni a plongé après le Brexit mais il a fini par retrouver son niveau d'origine. La croissance du PIB des différents pays est positive au deuxième trimestre pour l'ensemble des pays concernés, à l'exception de la Grèce, qui est confrontée à des problématiques de dette chroniques. Les investissements et la consommation constituent les principaux moteurs de croissance du PIB. Les dernières enquêtes sur l'activité révèlent une croissance solide et, plus important encore, une hausse de l'indice du sentiment économique. Les marchés de l'emploi se redressent doucement dans tous les pays de la zone euro, en particulier en Espagne et en Allemagne. La confiance des consommateurs est également élevée dans ces deux pays, tandis qu'elle est inférieure à la moyenne de la région en France, au Portugal et en Italie. Ce sentiment peut être attribuable au mécontentement des citoyens face à la situation politique actuelle et à l'anticipation des élections prochaines, les rendez-vous politiques étant pleinement chargés pour le reste de l'année 2016 et la première moitié de 2017. La consommation devrait s'accélérer de 1,5 à 2 %. Les ventes au détail dans la zone euro suivent une tendance haussière depuis 2013. Le retour de l'inflation pourrait pénaliser le revenu disponible des ménages, bien que ce scénario ne soit pas imminent. L'Espagne et l'Allemagne se démarquent également sur le front des investissements résidentiels. Les investissements des entreprises devraient poursuivre leur lente mais solide redressement. L'accélération de la croissance se traduit par une hausse des exportations au sein de la zone euro. L'indice de performance des exportations, qui atteste de la réussite ou de l'échec relatif des efforts d'une société ou d'un État à vendre des biens et services produits localement à d'autres États, classe en outre l'Allemagne, l'Espagne et l'Irlande parmi les meilleurs élèves de la région.
Loin de l'agitation du Brexit : les marchés émergents sont-ils à l'abri de nouvelles turbulences ?
Selon le FMI, les résultats du référendum britannique de fin juin, qui se sont soldés par le choix du pays de quitter l'union européenne, ont entrainé une révision des anticipations de base de la croissance des pays développés, mais pas des pays émergents, qui restent peu concernés par cet événement politique particulier dont l'issue est très incertaine.
Parallèlement, les révisions des anticipations de croissance du PIB établies par le consensus sont neutres à positives pour la Chine et l'Inde, et très positives pour le Brésil et la Russie. La croissance s'est stabilisée en Chine. Le pays se transforme peu à peu en un pays « développé ». L'indice PMI des services est supérieur à 50, tout comme l'indice composite. Il est en revanche toujours en-deçà de 50 pour le secteur manufacturier, mais sa tendance est orientée à la hausse. Le gouvernement et la Banque populaire de Chine travaillent main dans la main pour fournir à l'économie les outils nécessaires qui lui permettront de se remettre des chamboulements que le pays a connus l'an passé. La diminution du taux de change du CNY est favorable aux exportations.
A l'heure où nous écrivons ces lignes, les titres des marchés émergents constituent notre meilleure conviction. 
Actions ou obligations ?
Les actions sont relativement attrayantes, mais elles ont encore besoin d'un catalyseur marqué et d'une réévaluation de leurs multiples de valorisation. Quant aux obligations, les rendements obligataires sont sous pression ; les banques centrales sont en effet globalement plus conciliantes que prévu cette année, et la chasse aux rendements reste un thème phare pour les investisseurs. En outre, le pétrole retrouve peu à peu sont point d'équilibre, ce qui se traduit par une stabilisation des cours des matières premières. C'est une bonne nouvelle pour les actifs à risques, en particulier pour les obligations émergentes, à haut rendement et indexées sur l'inflation.
Néanmoins, si le sentiment des investisseurs s'est récemment amélioré, nous restons prudents en raison d'un calendrier politique chargé (élections au parlement russe, élections régionales en Allemagne, référendum constitutionnel en Italie et élections présidentielles aux États-Unis).
Dans ce contexte, nous adoptons à l'heure actuelle une position stratégique neutre sur les actions par rapport aux obligations, et une surpondération importante des marchés émergents (obligations et actions) et du segment du haut rendement.
Nous privilégions les marchés émergents
Les marchés émergents sont actuellement notre principale conviction pour les 5 raisons suivantes :
L'activité économique s'améliore et les turbulences se dissipent.
Convictions : crédit
En ce qui concerne le crédit, nous apprécions toujours les obligations à haut rendement car elles disposent d'un portage et de valorisations attrayants.
Nous surpondérons également le crédit européen et américain.
Convictions : emprunts d'État
Par conséquent, notre allocation au segment obligataire est diversifiée et ne tient pas compte des emprunts d'État dont les rendements sont faibles ou négatifs. Nos convictions vis-à-vis des marchés émergents sont renforcées et nous surpondérons ces régions en devise locale comme en devise forte.
Nous conservons une exposition neutre mais suffisamment diversifiée aux obligations du centre et de la périphérie de l'Europe, aux obligations d'entreprises américaines ainsi qu'aux obligations indexées sur l'inflation. Les seuils de rentabilité intègrent une inflation de l'ordre de 1,5 % pour les années à venir, ce qui semble excessivement prudent. 
Cours pétroliers inférieurs à 50$/baril

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La performance des différentes classes d’actifs varie largement au fil du temps et des études ont démontré que les décisions d’allocation d’actifs génèrent habituellement la plus grande part de la performance d’un portefeuille.