08 MAI

2017

Allocation d'actifs, French Elections, Thèmes

Emmanuel Macron remporte l’élection présidentielle française : un soulagement pour les actions européennes

Emmanuel Macron vient d’être élu le huitième Président de la 5ème République. Cette victoire est un soulagement pour les marchés européens et est favorable aux actions de l’UEM. En effet, la prime de risque politique devrait continuer de diminuer, libérant ainsi le potentiel haussier de la classe d’actifs.

Bref commentaire sur les résultats

Comme de nombreux observateurs s’y attendaient, Emmanuel Macron a nettement battu la candidate d’extrême droite Marine Le Pen en recueillant 66,1 % des suffrages. Lors d’une campagne présidentielle âpre, ce résultat devrait soulager Berlin et Bruxelles. À noter cependant que la participation a été plutôt faible pour un second tour des élections présidentielles, à 74,6 %, soit son plus faible niveau depuis 1969. Par ailleurs, le nombre de votes blancs est également élevé d’après les estimations (environ 11,5 % des votes), battant le record de 1969 (6,42 %).

Un programme pro-européen

Leader du mouvement En Marche, Emmanuel Macron est un homme politique social-libéral qui était le candidat le plus favorable à l’Europe. Assez équilibré, son programme est composé de mesures à la fois en faveur des entreprises et des ménages. Il est favorable à une baisse de l’impôt sur les sociétés et des cotisations sociales des employeurs afin de réduire le coût du travail. Il prévoit un programme public de dépenses d’investissement de 50 milliards d’euros ainsi que certaines mesures visant à accroître le pouvoir d’achat des ménages. Il souhaite également mettre en place un modèle de flexisécurité de type nordique et promet de respecter l’engagement européen de la France en faveur d’un rééquilibrage de la situation budgétaire du pays.

Les élections législatives du mois de juin seront essentielles

M. Macron sera investi Président de la République française le 14 mai, date à laquelle le mandat de François Hollande prendra fin. Dans les jours qui suivront, M. Macron désignera un Premier ministre à qui il demandera de former un gouvernement. La capacité du Président à nommer un gouvernement dépendra cependant des résultats des élections législatives qui auront lieu le 11 juin (premier tour) et le 18 juin (second tour). Comme nous l’avons dit après les résultats du premier tour, trois scénarios sont possibles :

  • Premièrement, Emmanuel Macron obtient la majorité à l’Assemblée nationale, son Premier ministre et le gouvernement restent inchangés.
  • Deuxièmement, En Marche n’obtient pas la majorité et M. Macron forme une coalition avec plusieurs partis.
  • Troisièmement, un scénario de cohabitation (une situation qui s’est produite seulement trois fois durant la 5ème République et qui est peu probable). Dans un tel cas de figure, le Président n’a pas la majorité et doit choisir un Premier ministre issu de l’opposition (probablement du parti Les Républicains) qui est habilité à choisir les membres du cabinet sans que le Président n’intervienne. Le gouvernement est en charge de la politique intérieure et partage la responsabilité des affaires étrangères avec le Président.

Nous en saurons plus d’ici le 18 mai lorsque les noms et les affiliations politiques des candidats aux élections législatives seront connus et lorsque des sondages sur ces élections seront disponibles.

Une élection favorable aux actions de l’UEM

Après le premier tour des élections présidentielles du 24 avril, les marchés avaient déjà commencé à anticiper l’élection de M. Macron à la Présidence de la République française. À titre d'exemple, la prime de risque politique des actions de l’UEM intégrait déjà en partie le résultat de l’élection d’hier.

Une poursuite de la baisse de la prime de risque dépendra désormais de la publication des premiers sondages sur les élections législatives. Une bonne nouvelle, qui augmenterait la probabilité de mise en œuvre de son programme de réformes après les élections législatives, serait également favorable aux actions de l’UEM, et les capitaux (étrangers) continueraient d’affluer, les investisseurs cristallisant à nouveau leur attention sur les fondamentaux de la région.

Les actions de l’UEM bénéficient d’un cycle macroéconomique favorable, d’une croissance bénéficiaire supérieure aux attentes par rapport aux États-Unis et de valorisations attractives.