22 NOV.

2017

Allocation d'actifs , Thèmes

Amélioration générale de la visibilité sur la politique des banques centrales

Résumé

  • Le nouveau président de la Réserve fédérale américaine, Jérôme Powell, devrait assurer la continuité de la politique monétaire de la Fed.
  • Certaines incertitudes (géo)politiques perdurent : Corée du nord, Arabie saoudite (prix du pétrole), élections en Catalogne le 21 décembre.
  • Notre scénario central reste favorable aux actifs risqués.




Principales convictions

Amélioration générale de la visibilité sur la politique des banques centrales, avec une baisse des risques dans ce domaine. Les dernières semaines ont vu disparaître certains obstacles majeurs.

  • Aux États-Unis, les progrès sur la réforme fiscale ont accéléré et des résultats sont attendus au tournant de l’année. De plus, la nomination de Jérôme Powell à la tête de la Fed devrait jeter les bases d’une transition harmonieuse. Entretemps, la banque centrale américaine a commencé à réduire son bilan. Par ailleurs, Candriam s’attend à ce qu’elle augmente ses principaux taux d’intérêt en décembre et deux fois l’année prochaine.
  • Dans la zone euro, nous estimons avoir passé le pic de l’incertitude politique. De plus, la BCE a recalibré son programme et continuera d’acheter des actifs pendant au moins trois trimestres en 2018, à un rythme de 30 milliards d’euros, laissant la porte ouverte à une prolongation si nécessaire. Aucun relèvement des taux d’intérêt ne devrait se produire avant 2019.
  • En Asie, les élections surprise au Japon ont validé le mandat du Premier ministre Shinzo Abe et augmenté la visibilité sur les mesures politiques dans les années à venir. La Banque du Japon devrait rester la plus souple des banques centrales. Son prochain gouverneur sera accommodant et devrait continuer à soutenir le programme économique de Shinzo Abe.
  • En Chine, le Congrès du parti communiste a consolidé le pouvoir du président Xi, prolongeant l’horizon après 2022.

La dynamique d’expansion mondiale est bien lancée. Les dernières données confirment que l’économie mondiale semble solidement ancrée au-dessus de 3 % de croissance pour l’année prochaine. La zone euro et le Japon connaissent en particulier une croissance supérieure à leur potentiel en dépit du renforcement de leurs devises plus tôt dans l’année. Les indicateurs économiques américains surprennent encore positivement et prolongent l’horizon de l’expansion en cours. Plus tôt cette année, les marchés émergents ont profité de facteurs favorables tels que des prix des matières premières en hausse, un dollar plus faible et des banques centrales accommodantes, la hausse temporaire du dollar constituant toutefois un obstacle pour les actifs des marchés émergents. Si les pressions inflationnistes ont reculé, nous ne pensons pas que l’inflation ait disparu. 

Risques liés à ce scénario. Le risque principal concernant nos prévisions serait une fin précipitée de l’environnement idéal actuel. La persistance d’une hausse des prix du pétrole, conduisant à une accélération de l’inflation, serait un élément déclencheur, tout comme un brusque ralentissement de la croissance, provenant soit d’une absence totale de réforme fiscale aux États-Unis, soit d’une erreur de politique monétaire ou d’un ralentissement significatif de l’économie chinoise. 

Stratégie multi-actifs : positionnement régional et tactique du portefeuille

APERÇU GÉNÉRAL : actions par rapport aux obligations

Les actions restent notre plus forte conviction. Malgré les bonnes performances récentes, les valorisations des marchés des actions sont plus attractives que celles des obligations. Bien que les rendements attendus sur les actions aient légèrement baissé, celles-ci présentent toujours un potentiel de hausse intéressant pour plusieurs raisons :

  • Le contexte économique mondial reste en soutien.
  • Les banques centrales, malgré un certain durcissement aux États-Unis, continuent à apporter de la liquidité au marché.
  • Aux États-Unis, l’assouplissement budgétaire de Donal Trump, accompagné de certaines réductions d’impôts, est toujours prévu, même si les attentes sont désormais bien inférieures aux premières prévisions.
  • Les bénéfices du 3e trimestre ont surpris favorablement et les prévisions des entreprises sont encourageantes.
  • Dans la zone euro, l’appréciation de la devise pourrait impacter les profits des entreprises européennes, mais l’amélioration de la demande domestique compense cet effet négatif.

Les événements géopolitiques restent le principal risque concernant notre scénario positif pour les actions, tandis que nous continuons à préférer un faible risque de duration.

STRATÉGIE RÉGIONALE SUR LES ACTIONS

Positifs envers les actions

Nous sommes positifs sur les actions de la zone euro. Les données publiées début novembre confirment la poursuite d’une croissance économique plus robuste et qui s’élargit géographiquement dans la région. Une banque centrale accommodante avec un horizon de politique monétaire au-delà de 2018 et une dynamique décente des bénéfices des entreprises soutiennent l’attractivité des actifs risqués de la région, qui ne sont plus soumis à une prime de risque politique majeur. La pause dans la récente hausse de l’euro agit comme moteur après un été plus difficile pour les actions de la zone euro.

Nous avons une attitude positive envers les actions japonaises. Le résultat des élections générales a validé le mandat de Shinzo Abe et a augmenté la visibilité sur la panoplie des mesures accommodantes. Comme la Banque centrale du Japon ne se joindra pas de sitôt aux autres banques centrales dans le durcissement de sa politique monétaire, la faiblesse du JPY reste une forte conviction.

l Nous sommes neutres sur les actions des marchés émergents. Les actions des marchés émergents ont bien performé grâce à l’amélioration des fondamentaux et à la faiblesse du dollar jusqu’à début septembre. Sur la base de prévisions d’une vigueur temporaire du dollar et des indicateurs techniques, nous avons pris certains profits.

Nous sommes neutres sur les actions américaines. Concernant l’ensemble des mesures politiques, nous prévoyons des progrès sur la stimulation budgétaire ainsi qu’un durcissement de la Fed. Nous notons que les surprises économiques se sont fortement redressées, mais que la Fed s’appuiera sur cette occasion pour remonter les taux. La transition à la direction de la Fed entre Janet Yellen et Jérôme Powell devrait se passer sans heurts.

Nous sommes négatifs sur les actions européennes hors zone euro. L’attitude ferme de la BoE est venue limiter la dépréciation de la GBP et la croissance des profits hors du Royaume-Uni. Les remous politiques internes ajoutent aux difficultés des négociations sur le Brexit et aux résultats limités dans la mise en place de nouvelles relations commerciales. Nous attendons la déclaration budgétaire d’automne pour de nouveaux signaux.


STRATÉGIE SUR LES OBLIGATIONS

Négatifs envers les obligations gouvernementales

Avec le durcissement de la Fed et les pressions inflationnistes attendues, nous estimons que les taux et les rendements obligataires vont continuer leur tendance haussière à partir des planchers de septembre. En plus de l’augmentation des prix à la production, nous pensons que la hausse des salaires et une éventuelle stimulation budgétaire devraient faire progresser l’inflation, bien que ce phénomène prenne plus de temps à se matérialiser que prévu.

L’amélioration de l’économie européenne devrait également faire monter les rendements en zone euro, les risques politiques ayant reculé et la BCE restant, globalement, accommodante dans le recalibrage de son assouplissement quantitatif.

Nous avons une opinion neutre envers le crédit, car les spreads se sont resserrés de façon significative et qu’une hausse potentielle des taux d’intérêt pourrait nuire à la performance.

Concernant la dette des marchés émergents, l’assouplissement monétaire en cours est extrêmement favorable à cette classe d’actifs.