24 SEPT.

2018

Asset Class , Equities

Environnement économique robuste, malgré l'augmentation des risques de guerre commerciale, une croissance solide des bénéfices et des valorisations attrayantes

 

Actions européennes : une expansion plus lente, mais robuste et auto-entretenue 

Les actions européennes ont enregistré une faible performance en août en raison des inquiétudes suscitées par la coalition italienne, les pourparlers en cours sur le « Brexit » et les problèmes économiques de la Turquie qui pourraient se répercuter dans la zone euro.

Certaines banques européennes, en particulier BBVA, BNP et Unicredit, ont chuté après la publication d'informations précisant que la BCE était préoccupée par l'exposition des prêteurs européens sur la Turquie.
La livre turque a chuté en raison des inquiétudes des investisseurs concernant la santé financière du pays, un choc qui a provoqué de fortes baisses des autres devises des marchés émergents, atteint l'euro et poussé le dollar à son plus haut niveau sur 1 an.

Fait positif, les anticipations ont augmenté très fortement dans le secteur de la construction et des services, ce qui laisse entrevoir une amélioration générale du contexte économique.
Le PMI composite de la zone euro a affiché des résultats satisfaisants, ce qui a paru rassurant pour le niveau et la dynamique de la croissance.

Nous avons renforcé la surpondération de notre exposition sur le secteur financier (via les banques) à la suite d’une discussion constructive au sujet du budget italien et du « Brexit » et au fur et à mesure que des indicateurs avancés décents apparaissaient.
Nous avons augmenté notre exposition sur le secteur automobile à « neutre » grâce à la valorisation tout en maintenant notre sous-pondération sur le secteur de la consommation discrétionnaire en Europe, particulièrement sur le secteur des biens de luxe.

Nous avons revu à la baisse notre position neutre sur le secteur des produits chimiques car les investisseurs y ont moins de potentiel de hausse et de sur-positionnement.
Nous avons parallèlement conservé notre forte « surpondération » dans le secteur des biens de consommation de base où les marges ont une bonne visibilité.

 

Actions américaines : les États-Unis surperforment de nouveau

Les actions américaines ont continué de surperformer soutenues par une saison de bons résultats au 2è trimestre, des données économiques stables et une diminution des risques commerciaux grâce à la conclusion d'un accord avec le Mexique.

Dans un contexte de solides données économiques et de révisions positives des bénéfices, nous avons augmenté notre exposition envers l’industrie afin d'être en « surpondération ».
Nous avons renforcé notre exposition aux biens de consommation de base pour la porter à « neutre » en prévision des pics mondiaux de consommation survenant pendant l'été, tout en maintenant notre biais cyclique aux États-Unis dans un contexte de croissance de haute tenue, de faible taux de chômage et de productivité élevée.
Dans les prochains mois, nous suivrons de près le mouvement vers des valeurs plus défensives sur fond d’intérêt plus marqué.

 

Actions marchés émergents : faiblesse des devises 

Les droits de douane sur le commerce, le risque de contagion entre économies émergentes et les sanctions américaines ayant fait les gros titres, les marchés émergents ont terminé le mois dans le rouge.

Les marchés émergents ont sous-performé les actions mondiales, exacerbant la tendance annuelle à la baisse qui s’était temporairement interrompue en juillet.
L’Asie a été la région la plus performante, tandis que les zones EMEA et Amérique latine ont fortement chuté. En dépit de bonnes nouvelles sur la croissance économique et de solides résultats des entreprises, le marché est resté en retrait adoptant une vision frileuse, influencée par l'effet de contagion des crises turque et argentine.

L'aversion au risque a également pesé sur les valorisations des actions des marchés émergents.
C’est la Turquie qui a le plus souffert, la livre turque s’affaiblissant brutalement. Le nouveau gouvernement n'a pas fait d'annonces importantes en matière de politique monétaire et la banque centrale n'a pas relevé ses taux directeurs en août.
Le marché brésilien a également chuté, en raison de l'approche des élections et des crises en cours en Turquie et en Argentine.

Les actions chinoises ont sous-performé celles des marchés émergents, les États-Unis envisageant d'imposer des droits de douane supplémentaires sur 200 milliards de dollars de produits chinois.
Un ralentissement de la demande intérieure et une dépréciation du yuan ont suivi. Les données macroéconomiques ont surpris à la baisse, la croissance des investissements en infrastructures enregistrant un creux inédit depuis 2012.

Dans un contexte de tensions géopolitiques doublées d'incertitudes politiques et de risques de contagion sur les marchés émergents, nous avons réduit notre « surpondération » sur la Chine et notre exposition sur le secteur technologie à « neutre » sur fond d’escalade de la guerre commerciale.
Nous avons également réduit notre « surpondération » sur la Russie à « neutre » (suite aux sanctions américaines sur la région) tout en augmentant notre « surpondération » sur l’Inde (la région étant moins sensible à la guerre commerciale).
Dans l'ensemble, nous avons réduit notre exposition envers les valeurs de croissance en faveur de valeurs de rendement et sur des régions/entreprises qui sont plus exposées aux marchés nationaux qu’aux marchés étrangers.