Coffee Break 31/08/2020

LES TEMPS FORTS DE LA SEMAINE DERNIÈRE

  • Jérôme Powell, président de la Réserve fédérale, a annoncé lors de son discours (virtuel) de Jackson Hole que la Fed visera désormais un taux d'inflation « moyen » de 2 %. En ne définissant pas ce terme sur une période donnée, cette nouvelle orientation laisse une marge d'interprétation importante.
  • Les données économiques des États-Unis et de l’Europe confirment la reprise économique : les commandes de biens durables et les revenus des particuliers aux États-Unis, la confiance des entreprises reflétée par l’Ifo en Allemagne et l'indicateur prospectif de la Suisse ont tous surpassé les attentes du consensus.
  • Le premier ministre japonais Shinzo Abe a annoncé sa démission en raison de la détérioration de son état de santé. Il restera en fonction jusqu'à ce que son parti lui choisisse un successeur.
  • Donald Trump a été désigné candidat officiel du parti républicain pour l’élection présidentielle. Il a prononcé son discours de clôture de la convention républicaine depuis la Maison Blanche.

 

ET ENSUITE ?

  • L'attention se tournera cette semaine vers les PMI mondiaux et les chiffres d’emploi du mois d’août aux États-Unis.
  • Aux États-Unis, Richard Clarida, vice-président de la Fed, et le gouverneur Brainard s'exprimeront sur le nouveau cadre de politique monétaire et fourniront peut-être quelques indications complémentaires sur la « forme flexible de ciblage de l'inflation moyenne ».
  • Les discussions sur les mesures de relance aux États-Unis reviendront probablement sur le devant de la scène, les démocrates et les républicains n’ayant toujours pas réussi à se mettre d’accord sur un plan.
  • Le mois de septembre sera crucial pour l'accord de « Brexit » : Michel Barnier, négociateur en chef pour l'UE, et David Frost, son homologue britannique, se retrouveront en début de semaine pour des discussions d'urgence.

NOS CONVICTIONS

  • Scénario de base
    • Notre scénario central prévoit la poursuite du redressement graduel des marchés financiers, en raison principalement de l'abondance de liquidité et du soutien des gouvernements. Ils risquent néanmoins de continuer à connaître des soubresauts au sein d’une large fourchette de fluctuation dans les mois à venir. L’incertitude perdure aux États-Unis en raison du contexte politique actuel et du nombre élevé de cas de Covid-19. La majoration très généreuse des allocations chômage s’est terminée fin juillet et l’étape suivante est de plus en plus incertaine. Le Congrès n'a toujours pas réussi à se mettre d'accord sur un nouveau plan de relance.
    • La réponse politique européenne a quelque peu rassuré grâce à l’accord sur un plan de relance, qui combine le budget à long terme de l’UE et le nouveau plan « Next Generation EU » pour un montant total de 1 800 milliards d’euros. Cela devrait entraîner une diminution de la prime de risque des actions de la zone euro. Pour le moment toutefois, les actions européennes sont quelque peu pénalisées par le raffermissement de l’euro tandis que la rotation favorable vers les secteurs cycliques et « value» se fait attendre en l’absence d’un vaccin.
    • Nos principales convictions :
      • Premièrement, nous restons fidèles aux « gagnants » de la crise à moyen terme, tels que la technologie, la santé et l’environnement.
      • Deuxièmement, nous avons ajouté des positions sur des actifs qui présentent des niveaux de valorisation attractifs par rapport au passé. Nous avons identifié les banques au sein des secteurs « value », la dette des marchés émergents et les devises bon marché. Nous avons également accentué certaines préférences régionales (Europe et marchés émergents – notamment les actions chinoises de classe A – au détriment des États-Unis et du Japon).
  • Nos vues sur les marchés
    • La volatilité n’est pas prête de disparaître, car la visibilité sur l'épidémie et ses conséquences reste limitée.
    • La propagation du virus reste la principale menace, faute d’avoir été endiguée partout et/ou parce que le risque d’une deuxième vague augmente dans certaines régions.
    • Les réponses monétaires et budgétaires perdureront après l’épidémie. Les mesures de politique monétaire s’efforcent de garantir une liquidité abondante et, pour certaines régions, de nouveaux programmes de rachats d’actifs. Pour le moment, leur action semble apporter un plancher de sécurité aux marchés financiers.
    • À court terme, le redressement actuel des indicateurs économiques, la hausse des surprises économiques (certes un peu ralentie ces derniers temps) et la stabilisation des révisions de bénéfices sont rassurantes. Les marchés financiers ont rapidement intégré cette amélioration et pourraient avoir pris une longueur d’avance.
    • À plus long terme, hormis un vaccin, ce sont les résultats du second semestre qui auront une influence déterminante sur la trajectoire de la reprise. Une reprise en « V » apparaît la plus probable, avec une deuxième branche moins pentue. Le marché ne semble pas envisager la possibilité d'une seconde crise ou même d'une stagnation.
  • Risques
    • La pandémie de coronavirus est le principal risque pesant sur la reprise économique. Seul un vaccin pourrait inverser la tendance. Plusieurs sociétés se trouvent en phase finale des essais.
    • Risque électoral aux États-Unis : la gestion de la crise du coronavirus, les tensions économiques, les troubles sociaux et la perspective d’un arrêt brutal des mesures de soutien budgétaire sont source d’incertitudes alors que la valorisation n’est plus aussi attrayante qu’elle ne l’a été. Une large victoire démocrate en novembre pourrait représenter un risque pour les marchés en raison de la possibilité d’une réforme fiscale et d’un durcissement de la réglementation.
    • Les relations entre les États-Unis et la Chine resteront probablement tendues et assombrissent les perspectives de croissance mondiale. Aucun des deux pays ne peut se permettre de relancer une guerre commerciale. Après la fermeture de consulats dans les deux pays, l'administration Trump publie maintenant des recommandations qui demandent que les entreprises chinoises cotées en bourse aux États-Unis soient radiées de la cote si elles ne donnent pas aux autorités de régulation américaines l'accès à leurs comptes vérifiés.
    • Négociations commerciales entre le Royaume-Uni et l’UE : David Frost, négociateur en chef pour le Royaume-Uni, a indiqué sur Twitter qu’un « accord pouvait être conclu en septembre », tandis que Michel Barnier a prévenu de son côté pour l’UE qu’un accord était « peu probable » en l’absence de progrès dans les négociations.

MODIFICATIONS RÉCENTES AU SEIN DE NOTRE STRATÉGIE D’ALLOCATION D’ACTIFS

Nous restons globalement sous-pondérés en actions, et compte tenu du contexte actuel, nous conservons nos couvertures sur les actions américaines et européennes. Nous conservons aussi notre exposition à l’or et au JPY en tant que couvertures du portefeuille. En plus de notre conviction d’une réduction structurelle de la prime de risque de la zone euro et d’une surpondération des actions de la zone euro par rapport aux actions américaines, nous tablons également sur un affaiblissement du dollar américain par rapport à l’euro. Nous avons une position neutre sur les actions britanniques, car le pays offre un potentiel de rattrapage par rapport au reste de l’Europe. Nous surpondérons les actions émergentes (via les actions chinoises de classe A) et sous-pondérons les actions japonaises. Nous conservons enfin une exposition à la dette émergente et aux obligations investment grade.

 

STRATÉGIE CROSS ASSETS ET POSITIONNEMENT DU PORTEFEUILLE

  • Nous avons une légère sous-pondération des actions, qui s’accompagne d’une sélectivité accrue concernant l’allocation régionale en actions.
    • Surpondération de la zone euro et sous-pondération des actions américaines. La réponse coordonnée des États membres face au virus a resserré les liens, tandis que la valorisation offre toujours une décote relative par rapport aux États-Unis et que le positionnement commence tout juste à augmenter. Faisant habituellement preuve de résilience dans les périodes de récession, les États-Unis apparaissent aujourd’hui plus fragmentés que l'Europe. En plus de la non-reconduction des mesures de soutien et de l'incertitude électorale, les valorisations ne sont plus aussi attractives qu’elles ne l’ont été. Les rachats d’actions, qui ont été un moteur important ces cinq dernières années, devraient également être moins favorables en 2020.
    • Position neutre sur le Royaume-Uni de façon opportuniste, après une récente révision à la hausse. Il existe un potentiel de rattrapage à court terme des actions britanniques. Leur nette sous-performance dans le rebond fait ressortir un décalage entre l'indice et la situation économique.
    • Surpondération des actions émergentes (via les actions chinoises de classe A) et sous-pondération des actions japonaises. La Chine se remet rapidement de la crise du coronavirus, tandis que le Japon entre dans une période d’incertitude avec la succession de Shinzo Abe.
    • Nous conservons de fortes convictions à l’égard de divers investissements thématiques. Les secteurs de l’oncologie et de la biotechnologie s’avèrent relativement résilients dans le contexte actuel et révèlent un potentiel important de croissance alimentée par l’innovation et le pouvoir de fixation des prix. Les thèmes liés à l’action climatique et à l’économie circulaire permettent d’avoir une exposition à des solutions essentielles pour un avenir plus propre. Nous pensons également que la durabilité continuera de prendre de l’importance pour les aspects sociaux et environnementaux. Une gouvernance solide semble produire de meilleurs résultats lors d’une pandémie, tant au niveau des entreprises que des États.
  • Sous-pondération des obligations, en maintenant une duration courte, mais avec une forte diversification, car l’environnement actuel pourrait engendrer des opportunités sur les marchés obligataires.
    • Sous-pondération des emprunts d’État qui n’offrent aucun potentiel de rendement en dehors des phases d’aversion au risque. Nous privilégions les obligations des pays périphériques par rapport à celles des pays centraux de l’Europe.
    • Dans un portefeuille multi-actifs, la diversification sur le crédit s’avère attrayante : nous surpondérons les obligations investment grade américaines et européennes, car les achats des banques centrales sont un facteur de soutien.
    • Nous surpondérons également la dette émergente, y compris les obligations d’entreprises, avec une préférence pour la dette en devise forte et ESG.
    • Nous avons une exposition à la couronne norvégienne (NOK), qui s’est révélée attractive pendant la crise, ainsi qu’à l’or et au yen japonais, qui jouent un rôle de couverture.
    • Notre conviction profonde d’une réduction structurelle de la prime de risque de la zone euro nous amène à sous-pondérer le dollar américain par rapport à l’euro.

 

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