LES TEMPS FORTS DE LA SEMAINE DERNIÈRE
- L’épidémie de Covid-19 est en train de se propager rapidement en Europe et aux États-Unis. Elle est en voie de ralentissement en Italie, mais s’aggrave en Espagne, et surtout aux États-Unis, où plusieurs épicentres ont déjà été annoncés.
- Les marchés financiers sont en train de digérer les mauvais chiffres, dont notamment l’explosion des inscriptions au chômage aux États-Unis, avec plus de 3 millions de nouveaux demandeurs d’emploi, et la faiblesse du PMI « flash ».
- Le gouvernement américain a réussi à apporter un certain soulagement en se mettant d’accord sur un ensemble de mesures de soutien de l’économie.
- Dans une interview télévisée en direct, le président de la Réserve fédérale a déclaré que les États-Unis pourraient bien se diriger vers une récession, mais qu’il n’existait pas de problème de fond dans l’économie, à l’exception d’un virus qui a besoin d’être contenu aussi rapidement que possible.
- Dans la zone euro, le parlement allemand a approuvé un programme de soutien économique de 750 milliards d’euros et la BCE a décidé que les plafonds d’émission auto-imposés « ne devraient pas s’appliquer » à son nouveau PEPP, ce qui a poussé l’euro à la hausse.
ET ENSUITE ?
- La publication des PMI composites et services au niveau mondial devrait confirmer la tendance des PMI « flash », à savoir une forte dégradation des données subjectives.
- Les chiffres de l’emploi aux États-Unis seront publiés pour le mois de mars, une semaine après que les demandes d’inscription au chômage aient explosé pour dépasser les 3 millions.
- La zone euro publiera les chiffres définitifs de confiance des consommateurs et des entreprises et au Japon, l’enquête Tankan pour le premier trimestre sera publiée.
- Sauf nouvelle décision d’urgence, les banques centrales devraient passer au second plan, aucune réunion majeure n’étant programmée et les conférences étant annulées.
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NOS CONVICTIONS
- Scénario de base
- Nous surveillons 5 facteurs déclencheurs distincts : indicateurs liés à l’épidémie, risque de marché, reprise de l’activité, réponse monétaire et valorisations. Il est intéressant de noter que les indicateurs liés à l’épidémie sont au plus haut aux États-Unis tandis que la reprise de l’activité est la plus avancée en Chine, presque revenue à des niveaux « normaux ».
- À l’heure actuelle, les mesures qui minimiseront le coût humain de l’épidémie risquent d’en maximiser le coût économique. Par conséquent, la croissance économique se contractera à court terme.
- Sur le moyen terme, l’assouplissement des politiques de la quasi-totalité des banques centrales et l’assouplissement budgétaire à venir constitueront un soutien. Ayant déjà assoupli leurs politiques, la Fed, la BCE et la Banque du Japon sont prêtes à prendre des mesures d’assouplissement supplémentaires tout en encourageant une relance budgétaire.
- La propagation de ce virus a un impact rarement observé jusqu’à présent sur la volatilité et les marchés financiers, qu’il s’agisse des actions, des obligations ou des matières premières. Les conséquences restent difficiles à évaluer, car de nouveaux cas continuent de se déclarer et sont en augmentation dans différents pays.
- La masse d’informations économiques négatives est déjà intégrée dans une large mesure aux cours boursiers actuels, mais avec un risque extrême important.
- Nos vues sur les marchés
- Depuis le début de la crise du covid-19, nous examinons sa gravité (importante), sa diffusion (mondiale) et sa durée (temporaire) pour évaluer son impact économique. Cela reste difficile à évaluer, car c’est toute la chaine de valeur mondiale qui est touchée.
- La réponse monétaire durera plus longtemps que l’épidémie. Dans la zone euro, la BCE a annoncé un programme d’achats d’urgence face à la pandémie (PEPP : Pandemic Emergency Purchase Programme) à hauteur de 750 milliards d’euros. Prévoyant des achats de titres publics et privés, ce PEPP concernera l’ensemble des actifs éligibles au programme actuel de rachats d’actifs, sans autolimitation.
- Dans la zone euro, l’activation du Mécanisme européen de stabilité (MES) est en cours de discussion pour gérer l’impact du coronavirus au moyen d’émissions communes.
- Aux États-Unis, les mesures de soutien à l’économie gagnent du terrain et pourraient dépasser 2 000 milliards de dollars.
- En ce qui concerne les entreprises, cela sera suivi de révisions à la baisse des bénéfices et d’une diminution des dividendes.
- Risques
- À court terme : le coronavirus reste un risque tant qu’il n’est pas contenu ou qu’un vaccin n’est pas découvert, testé, produit et commercialisé à grande échelle.
- À moyen terme :
- Enjeux de politique intérieure aux États-Unis: la campagne électorale est en cours, même si le candidat qui affrontera le président sortant Donald Trump aux élections présidentielles n’est pas encore désigné. Le comité national du parti démocrate avait prévu un débat en avril, mais n’a pas encore annoncé de date ou de média partenaire.
- Négociations commerciales entre le Royaume-Uni et l’UE: le Royaume-Uni a quitté l’UE en date du 31 janvier 2020 et les négociations ont à peine commencé pour conclure un accord commercial d’ici la fin de l’année. Michel Barnier, représentant de l’UE pour les négociations, a été testé positif au COVID-19, tout comme le premier ministre britannique Boris Johnson.
MODIFICATIONS RÉCENTES AU SEIN DE NOTRE STRATÉGIE D’ALLOCATION D’ACTIFS
Notre objectif reste simple : orienter la stratégie vers un positionnement neutre sur les actions pour les prochaines semaines. Nous avons vendu nos couvertures en produits dérivés. Nous restons neutres sur nos allocations régionales. Les obligations d’État ont bondi, ayant temporairement bénéficié de l’aversion générale envers le risque. Nous restons malgré tout prudents à l’égard des taux souverains en Europe, car les achats des banques centrales, tout comme la détérioration des finances publiques, seront considérables. Les spreads du crédit et du high yield ont bondi, mais nos avis stratégiques n’ont pas changé. Nous restons diversifiés par le biais de stratégies alternatives. Notre position sur la dette émergente est devenue prudente et opportuniste. Nous continuons de nous couvrir au moyen (entre autres) du yen japonais (JPY).
STRATÉGIE CROSS ASSETS ET POSITIONNEMENT DU PORTEFEUILLE
- Nous sommes en train d’adapter nos perspectives envers les actions : nous réduisons notre écart de sous-pondération pour passer en position neutre dans les prochaines semaines
- Nous sommes en train de passer en position neutre sur les actions européennes et n’avons plus de couverture sous forme d’instruments dérivés. La réaction rapide des marchés peut créer des opportunités sur les actions même en cas d’impact prolongé du coronavirus.
- Nous sommes neutres envers les actions émergentes et japonaises. L’incertitude entourant le coronavirus pèse sur le sentiment des investisseurs.
- Position neutre sur les actions américaines. Comme sur les autres places boursières, la valorisation des actions américaines a chuté de plus de 25 %, pour rebondir ensuite fortement ces derniers jours.
- Nous avons de fortes convictions à l’égard de divers investissements thématiques. Les secteurs de l’oncologie et de la biotechnologie affichent un potentiel important de croissance alimentée par l’innovation et le pouvoir de fixation des prix. Les thèmes liés aux mesures en faveur du climat permettent d’avoir une exposition à des solutions essentielles pour un avenir plus propre.
- Sous-pondération des obligations, en maintenant une duration courte et en nous diversifiant en dehors des emprunts d’État. L’environnement actuel pourrait également engendrer des opportunités sur les marchés obligataires.
- Nous nous attendons à ce que les rendements obligataires restent peu élevés, même s’ils devraient enregistrer une remontée très graduelle à moyen terme.
- Nous nous diversifions en dehors des emprunts d’État à faible rendement. En matière de crédit, nous privilégions la dette émergente, y compris les obligations d’entreprises des marchés émergents. On notera que le rendement du marché High Yield américain a bondi à plus de 9,3 % tandis que celui de son homologue européen atteint maintenant 7,7 %.
- Nous conservons une exposition à l’or et au yen japonais, qui jouent tous les deux le rôle de valeurs refuges.
