Coffee Break 17/08/2020

LES TEMPS FORTS DE LA SEMAINE DERNIÈRE

  • Joe Biden continue d'éviter les erreurs pendant la campagne présidentielle en nommant la sénatrice Kamala Harris en tant que colistière. La Big Tech pourrait ainsi échapper à d'éventuelles mesures de démembrement, tandis que ses opinions sur les réformes de la santé sont proches de celles de Joe Biden.
  • Les indicateurs économiques ont continué de surprendre à la hausse aux États-Unis (inscriptions au chômage, ventes au détail et production industrielle) ainsi que dans la zone euro (ZEW allemand, sentiment de l'industrie française), ce qui conforte l’espoir d’une reprise durable.
  • Les chiffres de l’économie chinoise montrent des signes de modération : le taux de croissance de la production industrielle est inchangé et les ventes au détail se sont contractées, tandis que les ventes d'automobiles sont restées solides.
  • En Europe, on observe une légère tendance haussière généralisée sur les deux dernières semaines. Le Royaume-Uni a étendu la liste des pays soumis à quarantaine à la France, aux Pays-Bas et à Malte.

 

ET ENSUITE ?

  • Joe Biden devrait accepter officiellement la nomination de son parti à la présidence et relancer sa campagne lors de la convention du parti démocrate américain. Il s'agit de l'événement le plus important pour le parti depuis le lock-down mondial.
  • La publication d'indicateurs économiques clés, tels que l'indice de la Fed de Philadelphie et les PMI « flash » pour l'Europe et les États-Unis, permettra de se faire une meilleure idée de la rapidité de la reprise.
  • Les États-Unis et la Chine ont reporté la révision de l'accord commercial initialement prévu pour ce week-end, sans annoncer de nouvelle date.
  • Un nouveau cycle de négociations aura lieu entre le Royaume-Uni et l'UE en vue de parvenir à un accord cet automne.

NOS CONVICTIONS

  • Scénario de base
    • Notre scénario central prévoit la poursuite du redressement graduel des marchés financiers, en raison principalement de l'abondance de liquidité et du soutien des gouvernements. Ils risquent néanmoins de continuer à connaître des soubresauts au sein d’une large fourchette de fluctuation dans les mois à venir. L’incertitude perdure aux États-Unis en raison du nombre élevé d’infections et du contexte politique actuel. La majoration très généreuse des allocations chômage qui s’est terminée fin juillet a fourni aux ménages un revenu disponible suffisant pour remplacer leurs revenus et même faire augmenter le taux d'épargne. La prochaine étape se révèle toutefois de plus en plus incertaine : le Congrès n'a pas réussi à se mettre d'accord sur un nouveau plan de relance et le virus est toujours présent.
    • La réponse politique européenne a quelque peu rassuré grâce à l’accord sur un plan de relance, qui combine le budget à long terme de l’UE et le nouveau plan « Next Generation EU » pour un montant total de 1 800 milliards d’euros. Cela devrait entraîner une diminution de la prime de risque des actions de la zone euro. Pour le moment toutefois, l’Europe est pénalisée par le raffermissement de l’euro face au dollar tandis que la rotation favorable en direction des secteurs cycliques et « value » se fait attendre en l’absence d’un vaccin.
    • Nos principales convictions :
      • Premièrement, nous restons fidèles aux « gagnants » de la crise à moyen terme, tels que la technologie, la santé et les thématiques durables.
      • Deuxièmement, nous avons ajouté des positions sur des actifs qui présentent des niveaux de valorisation attractifs par rapport au passé. Nous avons identifié les banques au sein des secteurs « value », la dette des marchés émergents et les devises bon marché. Nous avons également accentué certaines préférences régionales (Europe et marchés émergents – notamment les actions chinoises de classe A – au détriment des États-Unis et du Japon).
  • Nos vues sur les marchés
    • La volatilité n’est pas prête de disparaître, car la visibilité sur l'épidémie et ses conséquences reste limitée.
    • La propagation du virus reste la principale menace, faute d’avoir été endiguée partout et/ou parce que le risque d’une deuxième vague augmente dans certaines régions.
    • Les réponses monétaires et budgétaires perdureront après l’épidémie. Les mesures de politique monétaire s’efforcent de garantir une liquidité abondante et, pour certaines régions, de nouveaux programmes de rachats d’actifs. Pour le moment, leur action semble apporter un plancher de sécurité aux marchés financiers.
    • À court terme, l’amélioration régulière des indicateurs économiques, la hausse des surprises économiques (malgré tout un peu ralentie récemment) et la stabilisation des révisions de bénéfices sont rassurantes. Les marchés financiers ont rapidement intégré cette amélioration et pourraient avoir pris une longueur d’avance.
    • À plus long terme, hormis un vaccin, ce sont les résultats du second semestre qui auront une influence déterminante sur la trajectoire de la reprise. Une reprise en « V » apparaît la plus probable, avec une deuxième branche moins pentue. Le marché ne semble pas envisager la possibilité d'une seconde crise ou même d'une stagnation.
  • Risques
    • La pandémie de coronavirus est le principal risque pesant sur la reprise économique. Seul un vaccin pourrait inverser la tendance. Plusieurs sociétés se trouvent en phase finale des essais.
    • Risque électoral aux États-Unis : la gestion de la crise du coronavirus, les tensions économiques, les troubles sociaux et la perspective d’un arrêt brutal des mesures de soutien budgétaire sont source d’incertitudes alors que la valorisation n’est plus aussi attrayante qu’elle ne l’a été. Une large victoire démocrate en novembre pourrait représenter un risque pour les marchés en raison de la possibilité d’une réforme fiscale et d’un durcissement de la réglementation.
    • Les relations entre les États-Unis et la Chine resteront probablement tendues et assombrissent les perspectives de croissance mondiale. Aucun des deux pays ne peut se permettre de relancer une guerre commerciale. Après la fermeture de consulats dans les deux pays, l'administration Trump publie maintenant des recommandations qui demandent que les entreprises chinoises cotées en bourse aux États-Unis soient radiées de la cote si elles ne donnent pas aux autorités de régulation américaines l'accès à leurs comptes vérifiés.
    • Négociations commerciales entre le Royaume-Uni et l’UE : David Frost, négociateur en chef pour le Royaume-Uni, a indiqué sur Twitter : « nous estimons qu’un accord pourrait être conclu en septembre et nous nous efforcerons d’y parvenir si nous le pouvons ».

MODIFICATIONS RÉCENTES AU SEIN DE NOTRE STRATÉGIE D’ALLOCATION D’ACTIFS

Nous restons globalement sous-pondérés en actions, et compte tenu du contexte actuel, nous conservons notre couverture sur les actions américaines et européennes. Nous conservons également nos positions sur l’or et le yen en tant que couvertures du portefeuille. En plus de notre conviction profonde d’une réduction structurelle de la prime de risque de la zone euro et d’une surpondération des actions de la zone euro par rapport aux actions américaines, nous tablons également sur un affaiblissement du dollar américain par rapport à l’euro. Nous avons donc une sous-pondération de l’USD par rapport à l’EUR. Nous avons une position neutre sur les actions britanniques, car le pays offre un potentiel de rattrapage par rapport au reste de l’Europe. Nous surpondérons les actions émergentes (via les actions chinoises de classe A) et sous-pondérons les actions japonaises. Nous conservons enfin une exposition à la dette émergente et aux obligations investment grade.

 

STRATÉGIE CROSS ASSETS ET POSITIONNEMENT DU PORTEFEUILLE

  • Nous avons une légère sous-pondération des actions, qui s’accompagne d’une sélectivité accrue concernant l’allocation régionale en actions.
    • Surpondération de la zone euro et sous-pondération des actions américaines. La réponse coordonnée des États membres face au virus a resserré les liens, tandis que la valorisation offre toujours une décote relative par rapport aux États-Unis et que le positionnement commence tout juste à augmenter. Faisant habituellement preuve de résilience dans les périodes de récession, les États-Unis apparaissent aujourd’hui plus fragmentés que l'Europe. En plus de la non-reconduction des mesures de soutien et de l'incertitude électorale, les valorisations ne sont plus aussi attractives qu’elles ne l’ont été. Les rachats d’actions, qui ont été un moteur important ces cinq dernières années, devraient également être moins favorables en 2020.
    • Position neutre sur le Royaume-Uni de façon opportuniste, après une récente révision à la hausse. Il existe un potentiel de rattrapage à court terme des actions britanniques. Leur nette sous-performance dans le rebond fait ressortir un décalage entre l'indice et la situation économique.
    • Surpondération des actions émergentes (via les actions chinoises de classe A) et sous-pondération des actions japonaises. La Chine se remet rapidement de la crise du coronavirus, tandis que le Japon risque de connaître une baisse des prévisions de bénéfices.
    • Nous conservons de fortes convictions à l’égard de divers investissements thématiques. Les secteurs de l’oncologie et de la biotechnologie s’avèrent relativement résilients dans le contexte actuel et révèlent un potentiel important de croissance alimentée par l’innovation et le pouvoir de fixation des prix. Les thèmes liés à l’action climatique et à l’économie circulaire permettent d’avoir une exposition à des solutions essentielles pour un avenir plus propre. Nous pensons également que la durabilité continuera de prendre de l’importance pour les aspects sociaux et environnementaux. Une gouvernance solide semble produire de meilleurs résultats lors d’une pandémie, tant au niveau des entreprises que des États.
  • Sous-pondération des obligations, en maintenant une duration courte, mais avec une forte diversification, car l’environnement actuel pourrait engendrer des opportunités sur les marchés obligataires.
    • Sous-pondération des emprunts d’État qui n’offrent aucun potentiel de rendement en dehors des phases d’aversion au risque. Nous privilégions les obligations des pays périphériques par rapport à celles des pays centraux de l’Europe.
    • Dans un portefeuille multi-actifs, la diversification sur le crédit s’avère attrayante : nous surpondérons les obligations investment grade américaines et européennes, car les achats des banques centrales sont un facteur de soutien.
    • Nous surpondérons également la dette émergente, y compris les obligations d’entreprises, avec une préférence pour la dette en devise forte et ESG.
    • Nous avons une exposition à la couronne norvégienne (NOK), qui s’est révélée attractive pendant la crise, ainsi qu’à l’or et au yen japonais, qui jouent un rôle de couverture.
    • Notre conviction profonde d’une réduction structurelle de la prime de risque de la zone euro nous amène à sous-pondérer le dollar américain par rapport à l’euro.

 

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