Stratégie multi-actifs

Mario Draghi a retenu toute l'attention des investisseurs ces dernières semaines, après avoir indiqué en septembre que la BCE se montrerait accommodante et mettrait tout en œuvre afin de soutenir l'inflation. Ce communiqué avait laissé entrevoir une augmentation des achats mensuels d'actifs de la BCE à 80 milliards d'euros.

Malheureusement, la BCE a déçu. Bien qu'elle ait décidé d'un nouvel abaissement du taux de dépôt à -0,30 % et d'un recul du terme des achats d'actifs à mars 2017, Mario Draghi a maintenu le montant des achats d'actifs à 60 milliards d'euros par mois.

Cette déception à court terme ne justifie toutefois clairement pas une remise en question de notre scénario positif. La BCE reste extrêmement accommodante et continue d'apporter un soutien aux liquidités, en combinaison avec les mesures prises par la Banque du Japon.

Des valorisations toujours attractives

Entretemps, les valorisations des marchés des actions restent relativement attractives. La valorisation de l'indice MSCI World cadre avec sa médiane (inchangée depuis 1991) à environ 15,5. Les marchés des actions ne sont désormais plus bon marché mais ils ne sont pas chers non plus.

Un premier relèvement des taux de la Fed en décembre

Lors de son dernier comité le 16 décembre dernier, la Réserve fédérale a décidé de hausser son principal taux d’intérêt de 25 points de base, en ligne avec nos attentes. Dès à présent, les investisseurs vont se focaliser sur la communication de la Fed et comment cette dernière entend gérer l'augmentation des taux. Étant donné l'environnement économique et financier actuel, nous sommes toujours d'avis que ce relèvement des taux sera progressif et prudent.

Le positionnement accommodant actuellement adopté par la BCE et la Banque du Japon sont également susceptibles d'accentuer la prudence de la Fed. De fait, une forte dichotomie entre la politique de la Fed et celle des autres banques centrales semble peu vraisemblable. Alors que la Banque populaire de Chine a déjà abaissé ses taux et que le président de la BCE, Mario Draghi, a annoncé lors de la réunion du 22 octobre une très forte probabilité de renforcement de son positionnement accommodant d'ici à la fin d'année, nous jugeons que les liquidités devraient rester abondantes à l'échelle mondiale, principalement dans la zone euro et au Japon, ce qui devrait soutenir les actifs risqués.

 

STRATÉGIE REGIONALE ACTIONS

Les actions de la zone euro toujours en ligne de mire

Forte surpondération des actions de la zone euro

Les actions de la zone euro bénéficient toujours du soutien de différents éléments. Comme indiqué plus haut, la région manifeste un meilleur élan économique et se révèle plus résiliente que les États-Unis. Par ailleurs, les conditions en termes de liquidités y demeurent plus favorables en dépit du fait que la BCE n'a pas augmenté le montant de ses achats mensuels d'actifs.

En ce qui concerne les résultats des entreprises européennes, les investisseurs attendent toujours une solide croissance sur l'ensemble de l'année (plus de 10 % contre une croissance inchangée pour les résultats américains selon Datastream), même si les résultats du troisième trimestre ont déçu en Europe. La croissance prévisionnelle des résultats reste également favorable pour l'année prochaine, de l'ordre de 5 à 9 %.

Par ailleurs, les valorisations relatives dans la zone euro sont relativement attractives par rapport à celles observées aux États-Unis. Les ratios cours / bénéfices de la zone (à présent proches de la médiane) sont intéressants compte tenu de la croissance prévisionnelle à long terme, tandis que les États-Unis flirtent avec la limite supérieure de leur plage de valorisation à long terme. En conséquence, nous avons maintenu une solide surpondération des actions de la zone euro tout en sous-pondérant les actions américaines et britanniques. Nous avons également maintenu la surpondération des petites capitalisations européennes.

 

Position neutre sur les marchés émergents avec une surpondération tactique des actions chinoises

L'actualité économique reste cruciale afin de confirmer un redressement des économies émergentes. Sur la base des incertitudes actuelles qui entourent l'économie et la croissance prévisionnelle des résultats à long terme, les valorisations ne nous semblent pas particulièrement bon marché : il s'agit de la principale raison de notre positionnement neutre dans la région.

Nous continuons toutefois à privilégier la Chine au sein des pays émergents. La crainte d'un atterrissage forcé de l'économie chinoise s'atténue à présent et les investisseurs semblent avoir intégré un scénario de croissance en-deçà de 7 %. De plus, les mesures politiques annoncées lors de la séance plénière du comité central rendent un objectif de croissance de 6,5 % sur les cinq prochaines années raisonnablement crédible. Nous observons enfin que les valorisations des entreprises chinoises sont attractives en termes absolus par rapport aux autres marchés émergents.

Toujours positifs (mais prudents) concernant le Japon

Le soutien aux liquidités est toujours présent alors que la Banque du Japon continue d'injecter 80 000 milliards de yens par an dans l'économie et a maintenu la devise à son niveau actuel (bon marché) sur une période suffisamment longue pour appuyer la progression de la réforme structurelle tant du Japon que de ses entreprises.

Nous demeurons néanmoins vigilants et continuons d'analyser les incertitudes qui entourent les pays émergents car le Japon est l'une des économies les plus exposées à ces derniers.

 

STRATÉGIE OBLIGATAIRE

Nous avons maintenu notre duration courte et notre préférence pour une plus grande diversification.

Les dernières déclarations des principales banques centrales se sont révélées rassurantes pour notre stratégie obligataire. Alors que la Fed vient de hausser ses taux pour la première fois depuis sept ans, nous sous-pondérons toujours les obligations d'État car la marge d'absorption d'une hausse, quelle qu'elle soit, est limitée. Nous avons également maintenu une duration inférieure à celle de l'indice.

En conséquence, nous continuons à privilégier la diversification, en délaissant les obligations d'État pour favoriser les obligations d'entreprises américaines investment grade (couvertes en duration), le high yield et la dette émergente.

Cette exposition au dollar américain n'est pas couverte.

 

STRATÉGIE SUR MATIÈRES PREMIÈRES

No clear signals to justify turning positive

Bien que l'indice liés aux matières premières continue d'être fortement impacté en 2015, nous n'observons jusqu'ici aucun signe suffisamment fort pour justifier un positionnement positif sur cette classe d'actifs.

Pétrole: les matières premières ont subi les vents contraires des tendances macroéconomiques depuis le début d'année. La faible croissance nominale de la production et la solidité du dollar expliquent le recul des prix des matières premières et les prévisions du consensus continuent d'être revues à la baisse alors que la croissance du PIB mondial a ralenti depuis 2005-2007. La bonne nouvelle est la diminution de la production pétrolière américaine, qui pourrait équilibrer le marché mondial au cours des prochains trimestres, ou potentiellement le laisser déséquilibré. Toutefois, même si les prix pétroliers atteignent un point bas, des incertitudes subsistent, en particulier du côté de la demande.

Les métaux de base ont continué à souffrir d'une activité atone dans les secteurs manufacturiers, principalement sur les marchés émergents. Pour les métaux de base tels que le cuivre et le nickel, les efforts consentis afin d'adapter la production à la baisse pourraient soutenir les prix au cours des années à venir si le ralentissement économique se fait moins aigu sur les marchés émergents et plus particulièrement en Chine.